Les enfants et les routines : C’est important

Les enfants et les routines : C’est important

Les routines occupent une grande partie des journées des jeunes enfants. Et c’est tant mieux, car elles leur apportent une foule de bienfaits. En plus de faciliter la vie de famille!

Pour se sentir en sécurité et en confiance, les enfants ont besoin d’avoir des journées prévisibles. Comme Lélia, 3 ans, qui suit la même routine les jours de semaine: réveil vers 7 h, séance de câlins avec maman, déjeuner, jeu, choix des vêtements avec l’aide de papa, habillage, brossage des dents, préparation du sac à dos pour la garderie, départ à 8 h 30.

Des routines qui sécurisent

« Les routines sont des actions qui reviennent chaque jour, dans le même ordre et au même moment, explique Nicole Malenfant, auteure et enseignante en éducation à l’enfance au Cégep Édouard-Montpetit. Elles sécurisent et réconfortent les tout-petits, car elles leur procurent de la stabilité et leur permettent de prévoir ce qui s’en vient. Cela leur donne l’impression d’avoir du contrôle sur leur quotidien. Ils vivent alors moins de stress et d’anxiété. »

À partir de quel âge peut-on commencer des routines? « Souvent, les routines s’installent naturellement, dit la psychologue et auteure Nathalie Parent. C’est toutefois autour de 6 mois, lorsque le rythme du bébé devient plus régulier, qu’il est plus facile d’associer une période de temps aux routines. Et c’est vers 18 mois, quand l’enfant commence à être plus autonome, qu’il y participe plus activement. »

Se repérer dans le temps

Les routines aident votre enfant à savoir ce qui s’en vient et à se repérer dans le temps.

Un avantage des routines est qu’elles aident l’enfant à se repérer dans le temps. « Quand la routine du soir d’un enfant commence, il sait qu’il va devoir prendre son bain, mettre son pyjama, brosser ses dents, se faire lire une histoire, puis faire dodo », donne en exemple Nicole Malenfant. La plupart des besoins de base, comme manger, boire, dormir, se laver et s’habiller, peuvent d’ailleurs faire l’objet de routines. « Jusqu’à 5 ans, environ 40 % de la journée d’un enfant y est consacré », indique l’enseignante.

Développer l’autonomie de l’enfant

Les routines aident l’enfant à devenir autonome et elles évoluent avec lui au fur et à mesure qu’il grandit. « Au début, les parents font les choses à sa place; ensuite, ils l’aident à les faire et, pour finir, l’enfant les fait seul, résume Sarah Barbeau, psychoéducatrice. C’est ainsi qu’il apprend peu à peu à se brosser les dents, à se laver les mains, à s’habiller, etc. Il est fier d’être capable de s’occuper de lui-même. Cela augmente son estime de soi. »

Pour aider votre enfant à devenir plus autonome, vous pouvez lui proposer de choisir entre deux éléments pendant les routines. Par exemple: « Tu veux une banane ou une pomme? », « Tu veux mettre le chandail bleu ou le chandail jaune? »

Rendre la vie familiale plus facile

Un autre bon côté des routines? Elles deviennent des automatismes pour l’enfant. « Elles sont donc très utiles le matin, au retour à la maison en fin d’après-midi, et à l’heure du coucher, lorsqu’il y a beaucoup de choses à faire en peu de temps », souligne Sarah Barbeau.

Caroline, la maman de Lélia, 3 ans, et de Sébastien, 9 ans, le constate. « Quand mon fils était plus jeune, c’était difficile de l’arrêter de jouer pour qu’il se prépare le matin et le soir. Avec mon conjoint, on a mis en place des routines et ça a beaucoup aidé. On répétait moins. Avec Lélia, il y a toujours eu des routines et ça se passe bien. Elle sait ce qu’elle a à faire. »

Les routines ne sont pas seulement bonnes le matin et le soir. Vous pouvez en avoir pour d’autres activités répétitives, comme les sorties au parc, les repas ou le rangement des jouets. Cela peut rendre le déroulement de la journée plus facile, en plus d’aider votre enfant à prendre de bonnes habitudes.

Et avec des enfants d’âges différents?

Chaque famille doit trouver la solution qui lui convient. Quand c’est possible, les parents peuvent chacun s’occuper d’un enfant à tour de rôle. « Cela permet de passer du temps avec chaque enfant », suggère la psychologue Nathalie Parent. Quand l’écart d’âge est grand, les routines, celle du dodo, par exemple, peuvent se faire l’une après l’autre, en commençant par celle du plus jeune, ajoute-t-elle.

Une autre possibilité, c’est d’impliquer les plus vieux dans les routines des plus petits. Un grand frère ou une grande sœur pourrait ainsi lire l’histoire ou aider à l’habillage du plus jeune de temps en temps.

 

Jamais trop tard pour commencer

Si vous n’avez jamais mis en place de routine, il n’est pas trop tard pour commencer. « Allez-y graduellement avec une routine à la fois, suggère Nicole Malenfant, enseignante en éducation à l’enfance. Il vaut mieux commencer par la routine du dodo, car c’est la plus importante. » L’idéal, c’est de procéder petit à petit en intégrant deux éléments à la fois dans une routine.

Par exemple: prendre le bain après le souper, puis mettre le pyjama. Quand votre enfant y est habitué, ajouter deux autres étapes, par exemple choisir une histoire et préparer les vêtements du lendemain. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que la routine soit terminée et que votre enfant soit endormi. « Ce ne sera pas toujours facile, prévient l’experte. Votre enfant peut s’opposer. Si vous restez calme et que vous persistez, tout devrait bien aller. »

Comment stimuler son enfant dans les landes

Comment stimuler son enfant dans les landes

Tous les jours, vous soutenez le développement de votre enfant grâce à une foule de petits gestes.

« Tous les moments que vous passez avec votre enfant sont des occasions de stimulation, affirme Caroline Roussel, psychoéducatrice pour les programmes de stimulation précoce du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Par exemple, quand vous habillez votre bébé en nommant ses vêtements et les parties de son corps, vous encouragez le développement de son langage. » Cela contribue aussi à son développement affectif et social parce que vous êtes en interaction avec lui.

Votre tout-petit vous aide à faire un gâteau? Cela paraît tout simple… Pourtant, cette activité stimule toutes les sphères du développement de votre enfant : ses habiletés motrices (lorsqu’il verse et mélange des ingrédients) ; ses capacités intellectuelles (il doit respecter des étapes et se concentrer sur ce qu’il fait) ; son développement affectif (il renforce ses liens avec vous et prend confiance en lui) ; et son développement social (il collabore avec vous pour accomplir une tâche).

Vous pouvez commencer à stimuler votre bébé dès sa naissance. Il n’est jamais trop tôt. « Le cerveau contrôle tous les apprentissages et tous les progrès de l’enfant, explique Miriam Beauchamp, directrice du Laboratoire de neuropsychologie développementale ABCs de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine. Or, c’est pendant les premières années de vie que le cerveau se développe le plus. »

5 attitudes gagnantes pour son développement

  • VOIR LE MONDE AVEC DES YEUX D’ENFANTS.

Pour votre enfant, tout est une occasion de faire des découvertes. « Aller au parc lui permet d’être dehors, de marcher, de courir, de grimper, de jouer dans le sable, de s’amuser avec d’autres enfants, donne en exemple Miriam Beauchamp. Il y a plein de choses à voir, à faire, à ressentir. » Vous pouvez inciter votre enfant à observer ce qui l’entoure : un chien, des fleurs colorées, les avions dans le ciel, la texture du gazon…

  • L’INCITER À EXPLORER SON MILIEU.

La psychoéducatrice Caroline Roussel conseille de limiter les écrans le plus possible. « Pour un tout-petit qui a tout à apprendre, les écrans ne remplaceront jamais le fait d’entrer en contact avec les autres, de toucher des objets, de bouger, d’explorer son environnement avec tout son corps. »

  • ENCOURAGER SES INITIATIVES.

La psychoéducatrice suggère aussi de laisser votre enfant prendre des initiatives et décider de certaines choses lorsque vous jouez ensemble. « Suivez-le dans son imaginaire. En plus d’avoir du plaisir ensemble et de renforcer votre complicité, vous favoriserez son autonomie, sa confiance en lui et sa créativité. »

  • SALUER SES EFFORTS.

Féliciter votre enfant pour ses réussites, c’est bien, mais souligner ses efforts est tout aussi important. « Même s’il n’a pas réussi à mettre son pantalon tout seul, vous pouvez le féliciter pour ses efforts. Cela le valorise et l’incite à réessayer », dit Caroline Roussel.

  • CHOISIR DES ACTIVITÉS À SON NIVEAU.

Pourquoi essayer d’apprendre des choses à votre enfant quand il n’est pas prêt? « Plutôt que de le pousser, il vaut mieux l’accompagner dans son développement en y allant à son rythme, estime Caroline Roussel. Il y aura moins de pression et plus de plaisir partagé. » Par exemple, vous pouvez laisser votre tout-petit gribouiller à sa façon, plutôt que d’insister pour qu’il trace des formes ou des lettres alors qu’il n’est pas prêt.